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Glossaire audiovisuel : 30 termes pour comprendre votre prestataire

Brief, rushes, étalonnage, gimbal, B-roll... les 30 mots qui reviennent en réunion avec une agence vidéo. Le décodeur pour non-initiés.

Le vocabulaire des métiers de la vidéo peut sembler intimidant. Pourtant, comprendre 30 termes clés suffit à dialoguer sereinement avec une agence, à mieux briefer et à relire un devis sans se laisser embarquer. Voici le décodeur, organisé par phase de production.

Pré-production

1. Brief

Document de cadrage rédigé par le client en amont d'un projet. Précise l'objectif, la cible, le message, les contraintes techniques, le budget et les délais. Un bon brief tient sur 2 à 4 pages. Voir notre guide du brief vidéo efficace.

2. Note d'intention

Document rédigé par le réalisateur ou l'agence, en réponse au brief. Présente l'angle créatif retenu, le ton, les choix narratifs, les références. Sert de socle de validation avant écriture du script.

3. Script (ou scénario)

Texte structuré qui détaille l'enchaînement des plans, les dialogues, les voix-off, les indications de tournage. Pour un film court, on parle souvent de "séquentiel" : description plan par plan sans dialogues littéraux.

4. Storyboard

Représentation visuelle (dessinée ou schématisée) du film plan par plan. Permet de visualiser le cadrage, les transitions, les mouvements de caméra avant tournage. Indispensable en motion design, optionnel en captation réelle.

5. Repérage

Visite préalable des lieux de tournage pour évaluer la lumière, le son, l'espace, l'accès matériel. Économise des heures sur le plateau.

6. Casting

Sélection des intervenants à filmer : comédiens professionnels, mais aussi collaborateurs internes pour une vidéo corporate. Le casting inclut la sélection et le brief des personnes.

Tournage

7. Plateau

Lieu physique où se déroule le tournage. "Mettre en place le plateau" = installer la caméra, la lumière, le son, vérifier le décor.

8. Cadre

Composition de l'image vue dans le viseur de la caméra. Le "cadre serré" isole le sujet, le "cadre large" intègre le décor. Le cadrage est l'art de placer le sujet dans le cadre.

9. Plan

Unité de base du film : une prise unique, sans coupe. Un film de 2 minutes contient typiquement 30 à 80 plans.

10. Prise (ou "take")

Chaque enregistrement d'un même plan. On numérote : prise 1, prise 2, etc. La meilleure prise sera retenue au montage.

11. Chef opérateur (chef op, DOP)

Responsable de l'image : choix de la caméra, des optiques, de la lumière, des mouvements de caméra. Travaille en binôme avec le réalisateur (CPNEF AV).

12. Assistant opérateur (1er assistant caméra)

Manipule la caméra, change les optiques, est responsable de la mise au point pendant les prises. Effectue les tests caméra avant tournage.

13. Ingé son (preneur de son)

Responsable de la captation audio : micros HF, perche, niveaux, ambiance. Sur les petits formats, parfois assuré par le chef op.

14. Régisseur

Gère la logistique du tournage : transport, repas, accès, hébergement, autorisations. Sur un petit format, le rôle est intégré au chef de projet.

15. Clap

Ardoise sur laquelle sont notées la scène, la prise et autres infos. Le claquement sert à synchroniser image et son en post-production. Aujourd'hui souvent remplacé par un timecode numérique mais le clap visuel reste utilisé.

16. Gimbal (stabilisateur)

Bras motorisé à trois axes qui stabilise la caméra dans les mouvements. Permet des plans en marche fluides, sans tremblement. Modèles courants : DJI RS3 Pro, DJI Ronin 4D.

17. Slider

Rail court (50 cm à 1,5 m) sur lequel la caméra glisse pour réaliser un travelling fluide. Utilisé pour donner du mouvement à un plan fixe.

18. Drone

Caméra aérienne télépilotée. Depuis la réglementation EASA 2024-2026, l'usage professionnel exige une certification A1/A3 du pilote et un drone classé C0 à C4 selon la masse.

Post-production

19. Dérushage

Première phase du montage : visionnage et tri des rushes pour identifier les meilleures prises et structurer la matière brute. Pour 1h de rushes, comptez 1h à 1h30 de dérushage.

20. Montage

Assemblage des plans pour construire le récit final. Inclut le choix des coupes, le rythme, les transitions. C'est l'étape qui transforme la matière brute en film.

21. B-roll

Plans secondaires (lieux, ambiances, détails) montés en parallèle des plans principaux (interviews, présentateur). Donne du rythme et du contexte. Un film corporate type contient 60 à 70% de B-roll.

22. Étalonnage (color grading)

Correction et harmonisation des couleurs pour donner une identité visuelle au film. Comprend la correction colorimétrique (technique) et le grading (artistique).

23. Sound design

Création de l'univers sonore du film : musique, effets sonores, ambiances. Distinct du mix audio qui équilibre tous les niveaux ensemble.

24. Voix-off (VO)

Voix narrative non visible à l'image. Enregistrée en studio par un comédien après le montage image, puis intégrée. Un cachet VO native coûte 800 à 1 500 € par langue.

25. Sous-titres

Texte affiché à l'écran transcrivant les dialogues ou la voix-off. Les sous-titres "hardcoded" sont gravés dans l'image (non désactivables) ; les sous-titres "optionnels" sont un fichier .srt ou .vtt séparé.

26. Mix audio

Équilibrage final des niveaux entre dialogues, musique, ambiances et effets. Étape distincte du sound design.

27. Motion design

Animation graphique 2D ou 3D : textes animés, infographies, transitions graphiques, illustrations animées. Souvent utilisé en habillage d'un film de captation.

28. Master

Fichier vidéo final de plus haute qualité, source de toutes les déclinaisons. Typiquement en ProRes 4K ou H.265 4K. À archiver systématiquement.

29. Encodage (export)

Conversion du master vers les formats de diffusion : H.264 web, H.265 4K, formats verticaux pour social. Chaque encodage dégrade un peu la qualité — d'où l'importance d'un master propre.

30. Livrable

Tout fichier remis au client en fin de projet. Inclut le master, les déclinaisons (formats, langues, durées), les sous-titres optionnels et parfois les rushes archivés.

Lexique d'usage : les abréviations qu'on entend en réunion

  • DOP : Director of Photography (chef opérateur)
  • VO : voix-off
  • VFX : Visual Effects (effets visuels en post)
  • CGI : Computer Generated Imagery (images de synthèse)
  • GFX : graphisme animé / motion graphics
  • ND : filtre densité neutre (réduit la lumière entrant dans l'objectif)
  • PA : Production Assistant / assistant de production

En pratique

Vous n'avez pas besoin de maîtriser ces 30 termes pour briefer un prestataire. Mais en réunion, savoir distinguer "rushes" de "master" ou "montage" de "étalonnage" évite les malentendus coûteux — typiquement le client qui demande "encore une modif de couleurs" pendant la phase de montage, alors que l'étalonnage n'est pas encore commencé.

Bonus : un prestataire qui prend le temps de vous expliquer ces termes quand vous demandez est un bon signe. Celui qui empile le jargon sans vérifier que vous suivez est à éviter.

Si vous préparez un projet et avez besoin d'un interlocuteur qui décrypte au lieu d'impressionner, on peut en discuter via /contact.

Sources

Questions fréquentes

Sur le même sujet

Qu'est-ce qu'un B-roll en vidéo ?

Le B-roll désigne les plans secondaires (lieux, ambiance, détails, mains au travail) montés en parallèle des plans principaux (interviews, présentateur). Il donne du rythme et du contexte. Un film corporate type contient 60 à 70% de B-roll.

Quelle différence entre montage et étalonnage ?

Le montage est l'assemblage des plans pour construire le récit (ordre, rythme, coupes). L'étalonnage est la correction des couleurs et de la lumière pour harmoniser tous les plans et donner une identité visuelle au film. Ce sont deux étapes successives, jamais simultanées.

Qu'est-ce qu'un master vidéo ?

Le master est le fichier vidéo final de plus haute qualité, source de toutes les déclinaisons. Typiquement en ProRes 4K ou H.265 4K, sans compression destructive. C'est le fichier à archiver — toutes les autres versions (web, sociale, présentation) en sont des conversions.

Pourquoi parle-t-on de "rushes" en production vidéo ?

Les rushes désignent l'ensemble des plans bruts captés lors du tournage, avant tout montage. Pour un film final de 2 minutes, on génère typiquement 30 à 120 minutes de rushes. Le dérushage est le processus de visionnage et de sélection des meilleurs plans.

Faut-il un script pour tous les types de vidéo ?

Oui, sous une forme adaptée. Un script peut être un texte mot pour mot (pub, voix-off) ou un séquentiel avec messages clés et plans prévus (interviews, témoignages). Sans document écrit validé, le tournage dérive en quelques heures.

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